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FREDON France à la table ronde des maladies de la vigne de l’Assemblée Nationale.

jeudi 4 juin 2015

Une mission parlementaire d’information sur les maladies de la vigne et du bois a audité différents acteurs concernés lors d’une table ronde intervenue le 19 mai 2015. Le rôle des FREDON et (FD)GDON y a été décrit comme fondamental (voir la vidéo jointe).

Lors de sa réunion du 21 janvier 2015, le bureau de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire a décidé de créer une mission d’information sur les maladies de la vigne et du bois. Deux co-rapporteurs ont été nommés lors de la réunion du 4 mars 2015 :
- Mme Catherine Quéré, députée (SRC) de Charente-Maritime,
- M. Jean-Marie Sermier, député (UMP) du Jura.

Ce mardi 19 mai 2015, la mission d’information sur les maladies de la vigne et du bois a organisé une table ronde sur « les maladies dans la vigne : un mal irréductible ? »

Cette mission s’est penchée sur l’estimation de l’impact socio-économique fait par la profession sur l’ESCA et l’Eutypiose. Le développement constant, depuis environ 20 ans, des maladies du bois induit des pertes conséquentes rapportent qu’environ 11% du vignoble français était improductif en France en 2008, et 13% en 2012, Grosman et Doublet (2012). En termes de nuisibilité, c’est-à-dire de préjudice économique pour le vigneron, les données chiffrées révèlent l’ampleur des pertes liées aux maladies du bois. Si nous incluons les pertes indirectes c’est-à-dire les plants arrachés, ceux replantés, les pertes de récoltes après plantation, les ceps morts …. l’impact économique de l’esca/BDA, pour le vignoble du Loir et Cher, par exemple, serait de 5,4 millions d’euros par an. En Bourgogne, la perte économique est estimée à 30 millions par an. Soit au niveau national, sur la base d’un taux moyen de ceps non productifs de 11%, sur le chiffre d’affaire de la filière de 15,8 milliard d’euros, la perte peut donc être estimée à 1,95 milliard d’euros.

Les maladies du bois de la vigne mettent donc en danger la pérennité du vignoble français, atteignent donc un secteur d’activité très important puisque la France est le premier pays producteur de vin au niveau mondial (16%). La viticulture génère plus de 500 000 emplois directs ou indirects (17 régions françaises sur 22 sont productrices de vin) et elle est le 1er secteur agroalimentaire excédentaire. L’expansion des maladies du bois dans les différents vignobles français et mondiaux, l’absence de solutions de lutte efficaces, l’implication de facteurs biotiques et abiotiques aux liens complexes rendent ces pathologies très difficiles à combattre. Actuellement, elles modifient la conduite culturale au vignoble en induisant des arrachages et des complantations plus fréquentes. Dans ce contexte, la pérennité du domaine viticole pourrait être mise en danger, ce qui aurait aussi des répercussions très graves sur l’économie viticole.

La connaissance des conditions environnementales et culturales de développement de ces maladies au vignoble est cruciale d’autant plus que les méthodes directes de protection ne sont pas au point ou difficilement applicables pour des raisons techniques et économiques. A court et moyen terme, l’action sur les méthodes culturales reste le levier prioritaire qui nécessite un investissement en recherche et développement accru. La lutte culturale est la méthode la plus prometteuse, écologiquement raisonnable, rapidement transférable donc accessible à la filière.

La compréhension des phénomènes de propagation dans le temps et l’espace, l’identification de facteurs culturaux favorisant l’expression de l’esca/BDA, conduiront à la mise en œuvre d’outils de diagnostic parcellaire pour établir des préconisations adaptées à chaque situation locale et/ou régionale et ainsi limiter la propagation/extension de cette maladie. Cet outil pourrait aussi servir à argumenter une modification du cahier des charges des AOP (Appelation d’Origine Protégée). Compte tenu de ces enjeux très forts et de l’urgence de la situation, des projets sont élaborés afin d’apporter dans un délai raisonnable (3 ans) des solutions concrètes à cette problématique sanitaire, notamment de proposer aux vignerons des prototypes d’itinéraires techniques « défavorables » à ces maladies qu’il restera ensuite à valider dans le prolongement des projets.

Les questions posées par les parlementaires étaient :
- la détection dans le vignoble et le rôle fondamental des GDON et FREDON, leur extension, la détection par les drones,
- les moyens de parer à l’absence d’arsénite de sodium
- le coût des mesures de lutte et d’arrachage,
- l’état de la recherche sur l’ESCA, la flavescence dorée, l’eutypiose et la maladie de pierce (le financement Casdar, la coordination des travaux, ..),
- l’efficacité actuelle de la lutte contre le risque d’introduction et de propagation de Xyllella Fastidiosa (recherche en cours ...)
- ...

Pour voir la vidéo (2h 24mn) cliquer sur le lien :

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.6772.table-ronde--les-maladies-de-la-vigne-et-du-bois-un-mal-irreductible---19-mai-2015