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Les châtaigniers de Sologne terrain de lutte biologique

mardi 3 mai 2016

Pour endiguer la présence d’un insecte ravageur du châtaignier, des lâchers de son prédateur viennent d’être effectués. Il en va de l’avenir du miel solognot (article vu dans la nouvelle république .fr du 30 /04/ 2016).

Saupoudrer des petits insectes sur des feuilles de châtaignier demande un peu de précision, mais aussi de patience. Ce jour-là, dans la châtaigneraie de Bernard Gaucher à Yvoy-le-Marron, les petites bêtes ne montrent pas beaucoup d’empressement à quitter leurs tubes. « C’est peut-être parce que la température est un peu fraîche, commente Estelle Delestra, technicienne à l’Adapic (1), mais elles vont rapidement trouver refuge sous les feuilles. »

Et une fois acclimatées à la Sologne, ces petites bêtes, répondant au doux nom de torymus sinensis, pourront déployer ce qu’on attend d’elles : un appétit insatiable pour les larves d’un ravageur également venu de Chine qui colonise les châtaigniers en France depuis 2007, en produisant des effets dévastateurs sur la floraison des arbres.
Conséquence, déjà mesurée en Corse ou encore en Ardèche, où la castanéiculture est développée : une baisse de 60 à 80 % de la production de châtaignes, mais aussi une diminution très sensible de la production de miel de châtaignier.

Or, si les vieux châtaigniers de Sologne, vestiges de l’époque où cet « arbre à pain » complétait l’alimentation familiale dans les fermes, ne sont plus exploités, les apiculteurs sont nombreux à compter sur leurs fleurs. « Ça représente 25 % de ma production de miel, confirme Bernard Gaucher, et 100 % de ma production de pollen. Et comme je développe aussi une gamme de produits à base de châtaignes… »

On comprend pourquoi l’apiculteur d’Yvoy-le-Marron est vite devenu le fer de lance de la lutte contre le ravageur. Avec le concours de l’Adapic, dont il est membre, de la Fredon (2) Centre- Val de Loire et l’appui financier du département de Loir-et-Cher, la mise en place de la lutte biologique contre le cynips s’est organisée.

Jusqu’à aboutir, cette semaine, aux premiers lâchers de l’insecte prédateur : « 14 lâchers sont prévus au total, de 50 à 75 femelles torymus chacun, détaille Marie-Pierre Dufresne, de la Fredon, à Yvoy-le-Marron, mais aussi à Contres et Mesland pour le Loir-et-Cher. »

L’objet de cette expérimentation en région Centre-Val de Loire est d’augmenter l’efficacité de la lutte biologique en installant précocement l’insecte prédateur.
L’an prochain, des mesures seront faites sur les lieux de ces lâchers, pour mesurer le degré d’installation des fameux torymus. Si tout fonctionne comme prévu, les apiculteurs n’auront plus de souci à se faire. Contrairement aux cynips.

(1) Association de développement de l’apiculture du Centre (2) Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles

Voir la vidéo : http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2016/04/30/Les-chataigniers-de-Sologne-terrain-de-lutte-biologique-2701529