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Chenilles processionnaires : les techniques de lutte en pleine révolution

mardi 3 mai 2016

Avec la hausse de température liée aux changements climatiques, la chenille processionnaire, nuisible pour l’homme, les animaux et la sylviculture, ne cesse de gagner du terrain en France. Pour enrayer l’invasion de ces insectes rampants, les techniques sans pesticides se multiplient. Aux armes ! (article vu dans Actu-Environnement.com)

Les moyens pour lutter contre ces chenilles processionnaires sont divers : piège à papillon, lutte microbiologique, lutte mécanique, piègeage des chenilles ou encore lutte biologique avec la pose de nichoirs à mésanges, un prédateur redoutable.

Le réchauffement climatique responsable de la propagation…

Les forêts n’en ont pas fini de souffrir des changements climatiques. En plus des conséquences des sécheresses et autres canicules, des études menées par l’institut national de la recherche agronomique (Inra) des hivers doux comme cette année ont été bénéfiques au développement de l’insecte qui est devenu un bio indicateur du réchauffement climatique : "Il faut que pendant la journée la température à l’intérieur du nid soit au moins de neuf degrés et que la température la nuit suivante à l’extérieur soit d’au moins zéro degré, sinon la processionnaire ne peut pas aller s’alimenter et au bout d’un moment ça va affecter sa survie", précise Jérôme Rousselet, chargé de recherche à l’Inra Orléans et de rajouter : "par rapport à l’aire qu’elle occupait à la fin des années 80, on a pu observer dans le sud du bassin parisien une augmentation de la moyenne des températures minimales d’octobre à mars d’un degré et cela a suffi à rendre des territoires favorables à son développement".

…mais pas seulement

Etonnamment, c’est dans les "openfields" que les chenilles processionnaires ont progressé le plus vite. Les openfields sont des champs ouverts, sans haie ni clôture, avec très peu d’arbres, comme la Beauce. "En fait, ce sont les arbres ornementaux plantés dans les jardins des particuliers, le long des routes, dans les espaces verts et le maillage, villes, villages et hameaux qui vont constituer un réseau suffisamment dense d’arbres pour que la processionnaire puisse se propager", indique Jérôme Rousselet. Comme il y a peu d’arbres et que les papillons ont la capacité de voler 5 à 6 km, la progression sur le territoire est plus rapide que dans une forêt où la chenille peut satisfaire tous ses besoins dans un périmètre beaucoup plus restreint. Enfin, le transport de terre est aussi un facteur de propagation, les chrysalides étant enterrées.

Eradication quasi impossible ?

Avec une pose de 20 nichoirs à mésanges par hectare sur une parcelle expérimentale de la forêt domaniale du Mont Ventoux (84), l’Inra a pu observer "une régulation sur du long terme, une régulation durable - plus efficace que l’ancien traitement microbiologique effectué par hélicoptère - et qui permet de maintenir [la colonisation] à un niveau qui peut être tolérable. Si on veut un risque zéro, il faut combiner avec d’autres méthodes, par exemple le piège à chenille ou le piège à papillon", explique Jean-Claude Martin, ingénieur de recherche à l’Inra.

En somme, une éradication risque de coûter très cher. La commune de Frontignan (34) s’est équipée de 25 pièges à chenilles. "Il y a un coût de 1.500 euros, donc ce n’est pas négligeable sur le budget de la ville et un piège à chenille ne marche que pour un seul pin donc c’est quand même un traitement ponctuel sur un lieu bien précis et qu’il serait très difficile d’étendre à tous les pins de la ville", témoigne Claude Léon, adjointe à l’urbanisme. Dans ces conditions, on imagine mal ce type de lutte à l’échelle d’une forêt… Au final, l’éradication de la chenille processionnaire semble compliquée.

Voir l’article Actu-Environnement.com et la vidéo associée : http://www.actu-environnement.com/ae/news/lutte-invasion-chenille-processionnaire-26718.php4#xtor=EREC-107