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Lorraine : gare au virus du prunus !

dimanche 3 juillet 2016

Un parasite venu de l’Est affecte par endroits les arbres fruitiers à noyaux des vergers lorrains. Problème : la sharka est incurable… (article vu dans l’Est Républicain du 03/07/2016).

Nancy.
Les premiers symptômes de décoloration surgissent en mai sur le feuillage. Celui-ci présente alors des halos clairs qui s’étalent à partir des nervures de la feuille. Puis, dès la mi-juillet, ce sont les fruits qui se boursouflent, se creusent ou se nécrosent et quand on les ouvre, de vilaines taches rougeâtres apparaissent sur la chair et le noyau. Le diagnostic tombe : l’arbre est atteint par la sharka ou potivirus. Originaire d’Europe centrale, cette affection virale qui cible essentiellement la famille des pruniers a déferlé sur la France dans les années 1960.

Inoffensive pour la santé humaine, elle est toutefois préoccupante pour celle des arbres fruitiers à noyaux et par ricochet pour l’activité arboricole qu’il s’agisse de vergers du particulier ou de professionnels. « Une fois infecté par ce parasite, l’arbre ne meurt pas, mais il s’affaiblit très vite. Il produit moins et ses fruits perdent toute leur teneur en sucre. Ils n’ont plus aucune valeur pour la distillation ou la commercialisation en fruits de bouche », souligne à Nancy-Pixérécourt Marie Laflotte en charge du phénomène à l’antenne lorraine de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDON). Depuis 2009, ce syndicat professionnel qui œuvre en faveur de la lutte intégrée ou biologique contre les ravageurs des cultures a mis la sharka sous haute surveillance. Chaque année de mai à septembre, ses équipes battent la campagne pour détecter les lieux où la maladie s’est installée. Et comme la Lorraine constitue une terre de vergers, son territoire est exposé à la menace.

Le mirabellier résiste
Actuellement, six foyers ont été recensés dans la région : outre le bassin de Sarreguemines en Moselle où le potivirus a exercé en premier ses effets funestes, l’épidémie a été constatée dans les environs de Vigneulles-lès-Hattonchâtel dans la Meuse, mais aussi dans le Bayonnais, à l’ouest de Metz et autour de Saint-dié-des-Vosges. Pour l’instant, ce sont surtout les quetschiers ou les variétés de Reine-Claude situés dans ces secteurs qui sont touchés. « Les pucerons sont les principaux vecteurs de transmission du virus, mais il peut aussi se propager sur des arbres sains par greffage de végétaux contaminés », explique Marie Laflotte.

Comme la sharka est incurable, faute de traitement, la seule solution pour éviter ses ravages est de déraciner l’arbre malade puis de le brûler. « Les vergers attaqués à plus de 10 % de la parcelle doivent être entièrement détruits comme le stipule la réglementation européenne », ajoute la spécialiste de la FREDON. Pour l’instant, la situation est sous contrôle, « la maladie semble en voie de régression depuis que nous intervenons sur les zones de foyers. Le nettoyage produit ses effets ». Autre point et non des moindres, ce virus n’impacte pas le mirabellier, solide membre de la famille des prunus. Une chance au regard de l’importance tant symbolique qu’économique de ce fruitier dans le terroir régional.

Des études vont être lancées l’année prochaine pour comprendre cette étonnante forme de résistance du fruit d’or à l’agresseur venu de l’Est. Mais cette année encore, la Fredon demande aux arboriculteurs professionnels, pépiniéristes, gestionnaires d’espaces verts ou particuliers de lui signaler toute découverte suspecte au 03 83 33 86 70.

Patrice COSTA

Pour voir l’article de l’Est Républicain :
http://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-ville/2016/07/03/lorraine-gare-au-virus-du-prunus