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Qui sera prêt pour le "zéro phyto" au 1er janvier 2017 ?

lundi 3 octobre 2016

L’usage des produits phytosanitaires par l’État, les collectivités locales et les établissements publics sera interdit au 1er janvier 2017. En Auvergne, tout le monde n’est pas prêt. D’ailleurs la liste des produits non utilisables n’est pas définitive.
Le 1er janvier 2017 pour renoncer aux désherbants chimiques et autres phytosanitaires de synthèse interdits par les lois Labbé et loi sur la Transition énergétique : ça va faire court pour la grande majorité des collectivités auvergnates..

Mais personne ne pourra dire qu’il est pris de court en Auvergne. A trois mois de la date butoir, le territoire en est là ...

1. L’idée ne date pas d’hier !

Depuis dix ans déjà, le Groupe régional d’action contre la pollution des eaux Phyt’Eauvergne (animation Draaf et Diren), réunit des organismes concernés par les pesticides dans l’eau. En 2011, la Fédération régionale de lutte et de défense conte les organismes nuisibles (Fredon) Auvergne a pris le taureau par les cornes en relayant sur son territoire le dispositif national Charte d’entretien des espaces publics. Depuis, elle accompagne les communes dans une démarche de réduction des pollutions par les produits phytosanitaires.

L’actualité aidant, tout le monde a plus ou moins fini par mettre le nez dans les alternatives…
Bref on a avancé. Mais dans quelle proportion ?

2 - Où en sont les collectivités ?

Difficile à dire. L’application stricto sensu de la Loi de transition énergétique, c’est même « un peu flou », concède Sébastien Gouttebel, maire de Murol (commune qui se passe déjà de phytos) et président de l’association des Maires ruraux du Puy-de-Dôme.

Il faut dire que même la liste des produits à bannir n’est pas définitivement arrêtée. Et que personne ne sait s’il y aura des contrôles ou des sanctions.

Plutôt volontaristes, les collectivités ont donc souvent pris les devants.
En témoignent les 168 communes auvergnates répertoriées par la Charte d’entretien des espaces publics. Celle-ci les engage dans une démarche de réduction. Mais peu ont atteint le niveau le plus élevé : ne plus appliquer de produits phytosanitaires et inviter leurs habitants à ne plus en utiliser. On y trouve Châteldon, Pérignat-es-Allier et Orcet (63), Ytrac (15) Arpheuilles-Saint-Priest (03)…
Cela dit, d’autres sont à zéro phyto sans être listées là, et le nouveau label national Terre Saine doit valider de nouvelle "communes sans pesticides".
Bref, le curseur des communes prêtes pour le 1er janvier 2017 serait à 20 % en Auvergne

3 - « Cela ne se fait pas du jour au lendemain ».

C’est la première certitude, rappelée par tous les élus interrogés, et confirmée par Christophe Bras, responsable de la cellule environnement à la Fredon.

« On a souvent une adhésion des agents techniques eux-mêmes. Mais il reste une réticence ; des communes ont du mal à accepter un rendu différent de ce que l’on obtient avec du désherbant chimique… Le désherbage mécanique ou thermique demande du temps et ça a un coût… On entend la plainte des habitants qui refusent l’herbe dans les espaces publics… »

Pour aider les élus à faire passer le message, la Fredon Auvergne vient de mettre en ligne sur YouTube cinq petites vidéos avec le témoignage de Gannat, Arpajon-sur-Cère, Montluçon et d’autres. Elles sont disponibles avec plusieurs formats et qualités de téléchargement pour être diffusées sur différents supports.

4 - Gestion à revoir.

En réalité, c’est tout un mode de gestion qu’il faut repenser : végétaliser avec des plantes choisies pour ne plus désherber, fleurir pour faucher moins souvent, repenser la configuration des espaces publics pour ne plus avoir besoins de produits phytopharmaceutiques…
Des structures intercommunales et partages de compétences peuvent aussi permettre d’envisager l’achat de matériel, notamment pour le désherbage thermique...

5. On avance.

La preuve avec les départements et structures intercommunales qui ont repensé l’entretien de leur voirie ou se sont mis à l’entretien différencié de leurs espaces publics (tonte, fleurissement, etc.)…
On avance, aussi avec des démarches collectives, comme celles du Parc naturel régional (PNR) Livradois Forez.

Depuis deux ans, il réunit les élus de son territoire pour les aider à mettre en place le « zéro phyto ». Du 19 au 27 novembre, sur tout le territoire de ce PNR, ce sera collecte de produits phytopharmaceutiques non utilisables (PPNU), avec animations dans ses 16 déchetteries et trois jardineries !

LE CADRE LEGISLATIF

Espaces publics.

La Loi Labbé (2014) fixait au 1er janvier 2020 l’interdiction des produits phytopharmaceutiques pour l’entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades accessibles/ouverts au public. Mais en juillet 2015, la Loi de transition énergétique pour la croissance verte a ramené au 1er janvier 2017 l’interdiction de l’usage des produits phytosanitaires par l’État, les collectivités locales et les établissements publics ; ceci pour l’entretien des espaces verts, forêts ou promenades accessibles ou ouverts au public relevant de leur domaine public ou privé (sauf stades, cimetières et sécurité/santé).

Pour vous et moi.

Au 1er janvier 2017, les produits phytosanitaires ne seront plus vendus en libre service : l’acheteur devra passer par l’intermédiaire d’un vendeur certifié avec conseil systématique (sur interdictions, alternatives...). Au 1er janvier 2019, commercialisation et détention de produits phytosanitaires « à usage non professionnel » seront interdites (sauf produits de biocontrôle « à faible risque », autorisés en agriculture bio, lutte obligatoire).

Les nouveaux objectifs.

Le plan Ecophyto 2 réaffirme l’objectif de réduction de 50% du recours aux produits phytosanitaires en France en dix ans. deux étapes : d’ici 2020, une réduction de 25% est visée, par la généralisation et l’optimisation des techniques disponibles ; d’ici, 2025 : 25% supplémentaires grâce à l’évolution des pratiques.

Anne Bourges
anne.bourges@centrefrance.com

Voir l’article : http://www.lamontagne.fr/auvergne/mag/nature/2016/10/02/qui-sera-pret-pour-le-zero-phyto-au-1er-janvier-2017_12088855.html