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Une collection d’insectes des années soixante rénovée.

lundi 15 mai 2017

L’association Martinique Entomologie s’est attachée à valoriser les boîtes du naturaliste Pierre Colbrant, jusqu’ici, abandonnées dans les locaux de la FREDON Martinique. (article vu dans franceantilles.fr du 5 mai 2017)

Jusqu’ici, il s’agissait d’une cinquantaine de boîtes abandonnées dans les locaux de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles de Martinique (Fredon). À l’Intérieur, des insectes, des arachnides, des végétaux. Certains dans un piteux état, d’autres pouvant être sauvés de leur dégradation rapide.

Une collection remarquable

Si cette collection entomologique des années soixante n’est pas célèbre comme celle du Père Pinchon, elle est remarquable à plus d’un titre : 795 spécimens représentant (au moins) 149 espèces. Elle a été assemblée par un naturaliste du nom de Pierre Colbrant. « Au regard de la nature des spécimens collectés et de l’époque à laquelle elle fut constituée, cette collection présente à ce jour une valeur patrimoniale incontestable qu’il convient de valoriser car elle reste inconnue des naturalistes et ne fait l’objet d’aucun entretien depuis trente ans » , racontent l’association Martinique Entomologie et son responsable de projet, Eddy Dumbardon-Martial.

En 2015, ayant bénéficié d’une aide de la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Deal), l’association Martinique Entomologie, en accord avec la Fredon, a entamé des travaux de restauration « en vue de la conserver durablement dans une institution publique et de la faire connaître au plus grand nombre. »

35 BOÎTES AU FINAL
En tout premier lieu, chaque boîte fut numérotée, photographiée. Les petites bêtes furent comptées, et leur état de conservation évalué.
Deuxième étape : identifier les espèces. En mars 2016, neuf membres de l’association, entomologistes professionnels ou amateurs, se sont réunis au siège de l’association afin de déterminer les insectes non identifiés et de vérifier les noms donnés par Pierre Colbrant. Ils purent travailler grâce aux ouvrages, aux articles scientifiques existants et à la base de données de l’Inventaire national du patrimoine naturel du Muséum national d’histoire naturelle.

D’autres séances furent ensuite organisées, car certaines espèces nécessitaient plus d’attention. Des spécialistes extérieurs à l’association ont parfois été sollicités.
Troisième étape : la restauration des spécimens en mauvais état, avec collage des organes détachés, remplacement des épingles oxydées, etc.

Tous furent ensuite transférés dans des boîtes neuves, groupés par famille et classés. Des conservateurs naturels comme l’huile essentielle de lavande, furent ajoutées. La collection finale compte 35 boîtes neuves. Elle est désormais « en attente de transfert vers un lieu public qui permettra sa conservation durable et sa valorisation. » Ce pourrait être le musée du père Pinchon, mais la date d’ouverture de ce dernier n’est pas encore connue.

Qui était Pierre Colbrant ?

Martinique Entomologie a essayé de collecter des informations sur Pierre Colbrant pour avoir une idée de l’homme et du profesionnel qu’il était. « Au regard des dates renseignées dans la collection, Pierre Colbrant semble avoir résidé en Martinique de 1964 à 1977 » , précise l’association. « A cette période, dans les Antilles françaises, les travaux entomologiques concernent principalement les ravageurs des cultures et les auxiliaires. » Elle ajoute : « Bien que le Père Pinchon et Pierre Colbrant aient résidé en même temps en Martinique, aucun écrit ni témoignage ne révèle l’existence d’une relation entre les deux hommes. Toutefois la consultation de la collection Pinchon a révélé un unique spécimen de Danaus plexippus qui semble, d’après l’étiquette associée, avoir été légué par Colbrant. »

Les espèces remarquables

Le Dione juno est présent du Mexique au Paraguay. Il était abondant en Martinique dans les années 60-80, mais n’est plus observé depuis les années 90. Il semble avoir disparu de notre île, pour des causes encore inexpliquées.

Le Dynastes hercules reidi (dynaste) est endémique de Martinique et Sainte-Lucie. Il est protégé car peu commun.

Le Rothschildia erycina luciana est rare et l’un des plus grands papillons de nuit, d’une envergure de 12,5cm.

Ces longicornes (Trachyderes succinctus) étaient communs en Martinique jusqu’il y a peu de temps.

Que contient la collection ?

Elle contient un tiers de lépidoptères (papillons, etc.), un quart de coléoptères (hannetons, charançons, etc.), des hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis, etc.), des diptères (mouches moustiques, etc.), des hémiptères (cigales, punaises, etc.), principalement.

Voir l’article : http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/environnement/une-collection-d-insectes-des-annees-soixante-renovee-413534.php