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Chenilles processionnaires Comment elles se rapprochent tout doucement du Puy-en-Velay...

jeudi 15 février 2018

Les nids contenant les larves des chenilles urticantes ont gagné une dizaine de kilomètres, le long des axes routiers, dans les deux vallées de Haute-Loire (article leveil.fr 30 01 2018)

Les foyers de nids d’hiver des chenilles processionnaires sont le nord est et ouest du département. Le long de la RN 88, de Saint-Maurice-de-Lignon jusqu’à Firminy, les nids de soie blanche pullulent des deux côtés de la chaussée. La commune de Monistrol-sur-Loire a dû prendre des mesures de protection (arrêté municipal obligeant tout propriétaire à gérer le problème dans ses pins), mais cela n’a pas empêché le nuisible de revenir plus nombreux encore.Au dessus de la route entre Retournac et Beauzac

La processionnaire gagne du terrain depuis 12 ans

Cet hiver, les nids sont apparus autour de nouveaux axes. Beauzac est infesté et le phénomène est visible sur les pins jusqu’à Beaux et Chamalières-sur-Loire. Le bassin du Puy est encore épargné, mais de l’autre côté, le long de la RN 102 les chenilles ne sont stoppées que par le col de Fix. Plus au sud, elles sont à Prades. « Cette année, on en voit partout, confirme le maire de Retournac Pierre Astor. Le problème est bien plus sérieux que ce que j’avais compris. » En mairie de Beaux, Madeleine Grange a été appelée il y a quelques mois par un service de la préfecture. « Ils nous ont conseillé de faire une campagne, mais nous sommes un peu démunis » confie l’élue.

La processionnaire du pin est une variété de chenilles extrêmement urticante et allergène (y compris ses nids). Après la phase de reproduction entre papillons adultes, les femelles déposent leurs œufs sur les rameaux des pins. Lors de l’éclosion, les jeunes chenilles tissent des pré-nids et les larves commencent à s’attaquer à l’arbre hôte. Les chenilles se déplacent vers la cime de l’arbre, en se nourrissant. Elles construisent un nid définitif, appelé nid d’hiver. Il est composé de soie blanche et est généralement orienté vers le sud, pour profiter de la chaleur du soleil. Au début du printemps, les chenilles quittent le nid et descendent de l’arbre en procession, puis se regroupent et s’enterrent. C’est à ce moment qu’elles sont dangereuses. Dotées de poils qui sont en fait de minuscules aiguilles imbibées d’une substance extrêmement urticante, elles sont nuisibles, même à distance. Ces aiguilles peuvent être transportées par le vent.

Ces petites bêtes sont plus nuisibles pour l’homme et les animaux que pour les pins. Ces conifères sont affaiblis par l’appétit de leurs hôtes. Pourtant, les organismes de santé ne se saisissent pas du problème et le suivi de présence de l’insecte n’est réalisé que par le département de la santé des forêts de la DRAAF, selon un protocole national. Trois personnes (de l’office national des forêts, de la direction départementale des territoires et du centre régional des propriétaires forestiers) réalisent un travail de surveillance.

Originaire du sud ouest, la processionnaire du pin est présente depuis une quarantaine d’années en Auvergne. Dans le Massif Central, c’est l’altitude qui limite sa propagation. « On constate que sa progression peut être bloquée s’il n’y a pas de pins sur plusieurs kilomètres », précise Frédéric Blin de l’ONF. Depuis environ 12 ans, la processionnaire du pin remonte les vallées de l’Allier et de la Loire mais aussi les versants du relief. Une dizaine de parcelles de pins de différentes espèces sont analysées chaque année en Haute-Loire. Cela permet, sur une zone de quelques hectares, de quantifier la présence de la chenille et d’en estimer son évolution.

Au niveau national, le front avance en moyenne de 5 kilomètres tous les ans, d’après les chercheurs de l’unité de recherche de zoologie forestière de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique). Au total, en quelque 20 ou 30 ans, la chenille s’est emparée d’environ 100 000 km² de territoire français. Une conséquence des perturbations climatiques durant ces dernières années.

Céline Demars

Voir l’article : https://www.leveil.fr/retournac/sante/environnement/2018/01/30/un-ennemi-qui-gagne-encore-du-terrain_12720724.html