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Des slips enterrés pour tester la fertilité de la terre

mercredi 26 juin 2019

Sept producteurs de pommes des Deux-Sèvres ont enterré un slip dans leurs vergers pour voir la qualité de leur terre avec la complicité de la FREDON Poitou Charentes. Résultats disparates et surprenants (article vu dans La nouvelle République du 24/06/2019).

Un test plutôt amusant vient d’être réalisé par treize producteurs de pommes, dont sept des Deux-Sèvres. Le 1er avril, ils ont très sérieusement enterré un slip entre leurs pommiers. Slip déterré sept semaines plus tard, le 13 mai, dans tous les vergers en même temps.

Surprise. Là où certains sous-vêtements apparaissaient méconnaissables, réduits à l’état de lambeaux, d’autres se révélaient quasi intacts ! Le « test du slip » n’est pas si anecdotique qu’il y paraît. Il permet de se faire une idée de la qualité de la terre dans laquelle poussent les pommiers. Plus elle est fertile, plus elle fourmille de vie et d’activité : vers de terres, insectes, micro-organismes… Et plus le slip a « souffert », dégradé par la vie souterraine. Un bon signe pour les arbres qui y sont plantés et les fruits à venir. Surprise de taille en revanche pour le slip quasiment intact enterré par un producteur de la Vienne… bio !

“ Le slip, ça a un côté gag ! ”

En Deux-Sèvres, Pascal Poublanc n’a pas déterré un slip très abîmé mais l’homme n’est pas rongé par l’inquiétude. « Le slip, ça a un côté gag. C’est un clin d’œil. Mais c’est vrai que ça permet de donner une idée. Après, il ne faut pas s’arrêter là mais approfondir. » C’est justement le travail que va maintenant effectuer Virginie Roulon en analysant chacun des sols soumis à l’expérience pour tenter de comprendre les différences. Le test du slip, c’est son idée. « J’avais vu que cela se pratiquait au Canada. » La jeune femme, ingénieure réseau arboriculture, anime le groupe Dephy des arboriculteurs du Poitou pour la Fredon Poitou-Charentes (1). Un groupe qui s’est constitué en 2016 suite à l’appel à projets national dans le cadre du plan « Eco phyto » visant à réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. Après le test du slip et le diagnostic, les arboriculteurs du groupe vont pouvoir agir.

Une journée technique sur la fertilisation

En novembre est ainsi prévue une journée technique sur la fertilisation, l’adaptation des apports et la vie du sol, précisément pour améliorer l’activité biologique des sols des vergers. L’état des slips l’année prochaine dira si les actions menées d’ici là auront porté leurs fruits.

Installé à Saint-Pardoux-Soutiers, Pascal Poublanc n’a pas beaucoup hésité avant de rejoindre le groupe : « Ce qui m’a motivé, c’est de réduire encore plus les produits ». L’arboriculteur de Saint-Pardoux-Soutiers limite déjà beaucoup. Il faut dire aussi qu’il produit la pomme gâtinaise par excellence, la clochard, réputée pour avoir « la tête dure ». Elle représente 70 % de sa petite production qui s’étale au total sur trois hectares. « C’est une pomme rustique qui nécessite moins de traitements et qui se conserve très bien. » Qui plus est, l’homme ne cherche pas les hauts rendements à tout prix : « J’ai un rendement de 25 à 30 tonnes de pommes à l’hectare. Certains font trois fois plus ». Suffisant pour en vivre. « J’ai des fruits très corrects, sans aucune irrigation » à la faveur de la terre gâtinaise, argileuse qui retient bien l’eau.

Malgré tout, l’arboriculteur se félicite de faire partie du groupe, riche en échanges, qui permet de partager des bonnes pratiques ou des expériences entre professionnels.

(1) Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles.