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Ardennes : les chenilles processionnaires du chêne envahiraient-elles les abords de Bairon ?

jeudi 27 juin 2019

Elles ont débarqué près du lac dès le début du mois de juin et provoquent de très fortes démangeaisons. La vigilance est de mise dans la population (article vu dans Ladennais.fr. du 26/06/2019 par PAULINE GODART).

Le cycle de la chenille
En hiver, la processionnaire du chêne n’est qu’un œuf qui éclora en mars avant l’apparition des feuilles.
Début mai, les chenilles en colonie construisent des abris en soie.
En journée, elles se rassemblent sans bouger et la nuit, gagnent le feuillage en procession pour manger.
En juin, elles tissent un nid plus gros et résistant, sur le tronc ou les grosses branches, pour contenir les cocons. Les chenilles effectuent alors leur nymphose et se muent en chrysalides.
Durant l’été, les papillons naissent et s’accouplent. Les œufs seront pondus au sommet des chênes dégagés.

"Il se passe toujours quelque chose, à Bairon". Visible sur Facebook en réponse à la grande invasion, massivement commentée, la blague détend un peu l’atmosphère. Car les chenilles processionnaires du chêne, aussi angoissantes qu’urticantes, engendrent des dégâts notoires : boutons, démangeaisons, risques allergiques, médecin obligatoire.

“Ça fait un mois qu’on entend parler d’une pullulation en région. Mais nous connaissons mal cette chenille, peu signalée habituellement”

« Toute l’équipe de foot de mon fils a été concernée il y a quinze jours, raconte Julie. Les médecins n’ont pas su nous dire exactement de quoi il s’agissait. Ils mettent en cause la forêt, sans plus... On n’a rien senti sur le moment mais dans la nuit, on s’est tous réveillés plein de boutons. » Le 2 juin au lac de Bairon, à en croire cette autre internaute, « il y avait déjà des centaines de chenilles au pied d’un chêne, juste à côté de la plage. » Sur place hier et malgré la présence de cocons soyeux, solides et blancs, c’est une autre espèce de chenille que nous avons identifiée. Inoffensive, celle-là. La mystérieuse processionnaire restera un mystère.

Pour en savoir plus, direction la Fredon, fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles, basée à Reims. « Ça fait un mois qu’on entend parler de cette invasion », commence Louis Audren, chargé d’étude, qui s’étonne encore de l’abondance des signalements, y compris au lycée de Rethel. « Mais nous ne sommes pas vraiment familiers de cet insecte. D’ordinaire, on a plutôt affaire à la chenille du pin. Ce n’est pas la même espèce ni le même cycle biologique mais cela peut être un indicateur du changement climatique, en tout cas d’un hiver faible limitant la mortalité ».

Entre deux pullulations et en fonction des facteurs (météo, parasite...), les chenilles du chêne peuvent ainsi rester discrètes longtemps. « Voilà qui peut expliquer leur présence massive cette année. Elles sont peut-être présentes depuis toujours et les conditions leur sont favorables actuellement. Elles finiront par s’affaibir à nouveau. » Une sécheresse des chênes induit ainsi un environnement privilégié, sachant que les poils conservent leurs propriétés urticantes aussi longtemps qu’ils sont à l’abri de l’humidité. Attention aux nids, donc, sur les troncs, qui sont à signaler.

Lutter contre
Pour s’en débarrasser, c’est plus compliqué que celle du pin, qui va nymphoser dans le sol et descend donc en procession le long de l’arbre. « On les piège à ce moment là. En revanche, la processionnaire du chêne nymphose dans l’arbre. On peut éventuellement procéder par aspiration. »

Dernière question, aurait-il fallu condamner l’accès au lac et ses abords ? Les riverains et usagers en sont convaincus, allant même jusqu’à vouloir « porter plainte pour mise en danger. » « Il n’y a pas d’obligation légale selon moi. Mais ça ne coûte rien de mettre un panneau », conclut Louis Audren. L’Agence régionale de santé a d’ores et déjà alerté le Préfet.

Contactez la Fredon pour tout signalement : 03 26 77 36 70

Pourquoi ça gratte ?
Avec la chenille, pas de piqûre ni de morsure. C’est en raison seulement de ses longs poils blancs et soyeux qu’elle nous blesse. « Pas besoin de les caresser pour en sentir les effets, explique Louis Audren. Pour faire simple, la chenille en cas de stress a la capacité de projeter ses poils microscopiques en très grande quantité. Il suffit de passer à proximité. » Emportés par le vent, les poils (200 microns) se fixent alors sur la peau avant de casser, par frottements, et de libérer un venin provoquant les démangeaisons. L’humidité les désactive.

Voir l’article : https://abonne.lardennais.fr/id75590/article/2019-06-26/photos-les-chenilles-processionnaires-du-chene-ont-envahi-les-abords-de-bairon