Bienvenue sur la page publique de l’Extranet du réseau. Les accès ci-dessous sont réservés aux membres du réseau.


Vigilance au dragon jaune pour les vergers d’agrumes en Corse

mardi 9 juillet 2019

La maladie de huanglongbing est une maladie bactérienne mortelle des agrumes et constitue un danger phytosanitaire majeur même si, pour l’heure, la Corse et les régions du pourtour méditerranéen sont épargnées. La vigilance est néanmoins de rigueur (article vu dans corsematin.com du 8 07 2019).

Selon l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, la maladie de huanglongbing constitue un danger phytosanitaire majeur même si, pour l’heure, l’Europe est épargnée.

La Corse et les régions du pourtour méditerranéen sont épargnées. Comme l’ensemble des pays européens.

Pour autant, l’introduction de la maladie de huanglongbing - ou maladie du dragon jaune - constitue un réel danger pour l’île comme pour toutes les régions productrices d’agrumes, à l’image, entre autres, du sud du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de la Sicile, de la Grèce, de la Croatie, de Chypre ou de Malte, a estimé l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans son rapport concernant "le risque phytosanitaire pour la maladie du huanglongbing pour l’Union européenne", publié le 3 juillet dernier.

"À l’heure actuelle, cette maladie s’assimile à l’un des dangers phytosanitaires les plus importants s’agissant des cultures d’agrumes. Elle sévit dans une grande partie de l’Asie du Sud-Est, sur le continent américain et africain, mais pas en Europe. On la retrouve également en outre-mer français, aux Antilles et à La Réunion notamment", développe Emmanuel Gachet, en charge de la direction de l’unité d’évaluation des risques pour la santé des végétaux au sein de l’Anses.

L’étau géographique semble toutefois se resserrer. "En 2015, elle a fait, pour la première fois, l’objet d’un signalement en Égypte, un pays exportateur d’agrumes vers l’Europe. La même année, un verger d’agrumes dans la région d’Algarve, au Portugal, a généré des suspicions. Avant d’être, au final, déclaré indemne", poursuit-il.

Il est un signe alarmant de plus aussi : la présence, en Espagne et au Portugal, du Trioza erytreae, l’un des insectes, avec le Diaphorina citri, vecteurs de la bactérie Candidatus Liberibacter à l’origine de la maladie. "Et nous savons que celui-ci peut précéder de plusieurs années l’apparition de la bactérie. Comme cela a été le cas en Floride, à Cuba ou au Mexique. Il y a une période d’incubation plus ou moins longue", rappelle Emmanuel Gachet.

La faculté d’adaptation des deux parasites, leur mobilité favorisée par un comportement "d’auto-stoppeurs", un climat méditerranéen qui assure leur prospérité, la vitesse élevée de propagation de la bactérie d’arbre en arbre et de zone en zone, font également des inquiets parmi les scientifiques.

Surveillance accrue

D’autant que l’insecte et la bactérie enclenchent, d’un élan commun, un engrenage malfaisant dans le verger, y compris d’un point de vue économique.

"La maladie du dragon jaune va entraîner une chute importante des rendements, une diminution très nette de la qualité des fruits et bien souvent causer la mort des arbres. En outre, aujourd’hui, nous ne disposons pas de solutions efficaces, exception faite de l’arrachage de l’arbre atteint, afin de l’éradiquer, voire de freiner son impact sur les productions", prévient-on depuis l’Anses.

Dans ce contexte, la prévention représente une exigence majeure. "L’intérêt est d’agir en amont, d’être mobilisé et de faire preuve d’une vigilance constante par rapport aux différents facteurs qui contribuent à la diffusion de cette pathologie", reprend le responsable. Sur le terrain, la position revient à veiller au strict respect de la réglementation européenne en vigueur.

"Il ne s’agit pas de la réinventer, puisqu’elle est très bien conçue. Elle stipule bien, par exemple, qu’il est interdit d’importer des citrus de pays tiers, que les plantes hôtes ne peuvent pas provenir de régions où la maladie est déclarée, mais aussi où les deux vecteurs sont présents", poursuit-il.

L’importation de fruits hors Union européenne, quant à elle, ne pourra être envisagée que si ceux-ci sont dépourvus de pédoncules et de feuilles "puisque la bactérie se déploie dans tout ce qui est vaisseau de la plante", précise-t-on.

Dans le même temps, l’arsenal comprend des actions de sensibilisation à l’égard "des voyageurs qui sont régulièrement des sources d’importations illégales de matériel contaminé", puis des pépiniéristes. "Il est important qu’ils soient très atten tifs au moment de leurs achats sur l’origine des plants." Les grandes manoeuvres consisteront encore à "restreindre la circulation de végétaux au sein de l’Union européenne", en particulier lorsque l’Espagne et le Portugal ponctuent le circuit.

Les nuisibles ne passeront pas. C’est du moins l’objectif qu’on s’est fixé.

Et certaines pratiques agrumicoles devraient rendre l’île moins vulnérable à ce type d’intrusion. "Les plants d’agrumes sont réalisés sur place, pour l’essentiel", observe Renaud Dumont, administrateur de la coopérative Alimea.

D’ores et déjà, les équipes de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) sont à pied d’oeuvre parmi les citronniers, les clémentiniers, les orangers et autres agrumes.

La bactérie et ses vecteurs sont désormais sous haute surveillance. Cela passe par une inspection minutieuse, depuis quatre à cinq ans, de différentes parcelles d’agrumes. "Dès que nous avons la moindre hésitation, la moindre crainte, nous réalisons des prélèvements que nous expédions au laboratoire. Il faut savoir que les symptômes de la maladie sont assez flous. Jusqu’à présent, tous les doutes ont été levés", indique, avec satisfaction, Michaël Lecat, directeur de la Fredon Corse. Pourvu que ça dure.