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L’ambroisie, nouvelle ennemie des agriculteurs

jeudi 24 octobre 2019

Elle prolifère et ça inquiète. L’ambroisie se propage dans le sud des Deux-Sèvres. Et les autorités souhaitent sensibiliser avant de sanctionner (article vu dans la Nouvelle République.fr du 20/09/2019).

Aude Mathiot, animatrice et coordinatrice à la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) dans un champ recouvert d’ambroisie, à Mairé-Levescault.

L’ambroisie fait partie des rares végétaux qui n’ont aucune qualité. Au contraire, elle est à l’origine de très nombreuses pathologies liées à la dissémination de son pollen. A partir du mois d’août jusqu’en octobre, ce pollen extrêmement allergisant provoque rhinites, urticaires, toux, eczéma, conjonctivites, asthme, qui peuvent s’avérer très handicapants mais aussi très coûteux en terme de soins.

Traiter l’ambroisie rapidement

C’est déjà le cas en Auvergne Rhône-Alpes. 12 % de la population de ce territoire en est victime, ce qui engendre 40.000 € par an de frais de santé dans cette région, rapporte Maxime Robert de l’Agence régional de la santé (ARS) « Et le problème risque de toucher le département des Deux-Sèvres si aucune mesure n’est prise », alarme Aude Mathiot, animatrice et coordinatrice à la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon).

En plus d’être un problème sanitaire, l’ambroisie pose énormément de soucis pour l’agriculture. « C’est une plante très invasive. Un seul pied produit 3.000 graines. Lorsqu’une parcelle est contaminée, elle peut en contaminer d’autres. » Cette mauvaise herbe a seulement besoin d’un peu d’eau et d’un peu de soleil pour grandir. Elle peut d’ailleurs atteindre jusqu’à deux mètres de hauteur. « A ce moment-là, c’est extrêmement compliqué. Des graines vont s’envoler s’il y a de fortes rafales de vent. Elles peuvent aussi se loger dans les pneus des camions et des tracteurs et donc se déposer n’importe où », s’inquiète Maxime Robert.

Face à l’ambroisie, les cultures ne résistent pas. « Lentilles, pois chiches, pois de printemps, tournesol… Toutes ces cultures ne peuvent pas se développer sur un sol envahit d’ambroisies. Ces dernières prennent toute la place et étouffent les autres plantes », explique Jean-Luc Audé, élu à la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres. Les différents organismes du territoire appellent donc les riverains, collectivités et agriculteurs à traiter l’ambroisie sur leur terrain et près de chez eux. « Il faut l’arracher », encourage Aude Mathiot. « Et en cas de présence de l’ambroisie sur les routes, il est préférable d’en avertir la mairie », ajoute Marie-Emmanuelle Saintier, maire de La Chapelle-Pouilloux.

Vers une sensibilisation

En juin dernier, la préfecture des Deux-Sèvres a déposé un arrêté préfectoral. Celle-ci invite les agriculteurs à suivre de près leurs champs, de nettoyer leurs matériels de récolte et de détruire les pieds d’ambroisie. En cas de non-respect, aucune sanction n’est fixée. « Et c’est un problème, avoue Marie-Emmanuelle Saintier. On a beau envoyé des courriers aux personnes concernées. Si elles refusent de s’occuper de leur terrain, on ne peut pas les forcer ». Mais avant de demander des sanctions auprès de la préfecture, l’ARS, la chambre de l’agriculture, Fredon, l’entreprise Néolis et d’autres collectivités situées dans le sud du territoire sont d’accord pour faire, dans un premier temps, de la sensibilisation. « Il faut informer la population, les agriculteurs sur les dangers de cette plante indésirable, leur donner les bons savoirs pour traiter l’ambroisie, les accompagner. »

Ensemble, ils vont prochainement organiser des groupes de travail pour mieux informer les particuliers.

Voir l’article : https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/l-ambroisie-nouvelle-ennemie-des-agriculteurs